Lorans3 a écrit : dim. oct. 02, 2022 12:58 pm
Intéressant comme article.
La vie semblait chère aussi à cette époque.
Finalement rien n'a vraiment changé.
Comme tu dis.
A Pompéi, les journaliers et les ouvriers libres gagnent 16 as par jour soit 4 sesterces ou un denier ((Karl-Wilhem Weeber, La prostitution omniprésente, in Pour la Science, Dossier Pompéi, Août 2005, p. 45. K.-W. Weeber est Professeur d’Histoire ancienne à l’Université de Wuppertal (Allemagne).)) ce qui correspond au prix moyen des salaires en Italie.
A la même époque, en Palestine, les ouvriers engagés pour la culture de la vigne reçoivent 1 denier par jour ((Evangile selon Saint Mathieu (20, 1-16), probablement rédigé entre 80 et 90, donc entre la dernière année du règne de Titus (79-81) et les premières années de celui de Domitien (81-96) : « Car le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le matin, afin de louer des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec eux d’un denier par jour, et il les envoya à sa vigne… »)) tout comme celui qui cueille des plantes médicinales. Ceux qui ramassent les épis dans le champ de moisson peuvent espérer jusqu’à 4 deniers ((Ryszard Pankiewicz, Les prix et l’argent dans le Nouveau Testament, Poemerium 1, 1994.))
La solde de base d’un légionnaire , 300 deniers ou 4800 as, paraît donc inférieure à des salaires qui tournent autour de 365 deniers par an ou 5840 as. Mais qu’en est-il de son pouvoir d’achat ?
Les graffitis de Pompéi nous renseignent sur le coût de la vie dans les années 70. Une famille modeste de 3 personnes dont un esclave dépense 225 as en neuf jours soit un peu plus de 8 as par jour et par personne ((R. Etienne, La Vie quotidienne à Pompéi, Paris, 1966.)). Il faut donc dans cette cité disposer de 8 à 9 as par jour pour assurer sa subsistance.
Si notre journalier ou notre ouvrier libre dépense , en moyenne, 8 à 9 as par jour pour sa subsistance ,il ne lui reste que 7 à 8 as pour régler tous ses frais : son loyer, payer ses impôts, acquérir et entretenir ses outils, acheter ses vêtements…une tunique lui revient à quinze sesterces ( presque quatre journées de travail) et son nettoyage à quatre sesterces (une journée de besogne ). Il n’est pas sûr de trouver tous les jours sa tâche, ne reçoit pas de prime de départ à la retraite et ne peut facilement capitaliser une année de salaire.
La source
https://leg8.fr/armee-romaine/prix-choses/