L'histoire d'un bouton
Posté : lun. janv. 17, 2022 11:34 am
Bonjour les amis, voici comme le titre l'indique, l'histoire d'un bouton trouvé par un pote de la page "Entraide Teknetics.
Un bouton qui possède une très longue histoire.
La colonie agricole et pénitentiaire de Mettray est un établissement créé en 1839 pour réhabiliter les délinquants les plus jeunes, situé à Mettray, en Indre-et-Loire.
Fermé en 1939, cet établissement, en dépit de ses principes fondateurs idéalistes, à savoir éduquer et rééduquer les jeunes délinquants par le travail de la terre, est considéré comme l'ancêtre des bagnes pour enfants. La création, à la fin des années 1830, de la colonie agricole et pénitentiaire de Mettray, est liée au mouvement philanthropique et à ses réflexions sur le statut des enfants et l'univers carcéral.
À l’époque, la séparation entre détenus majeurs et détenus mineurs n’existe pas. Quelques humanistes décident d’aménager la vie des jeunes délinquants jusqu’ici emprisonnés avec les adultes. Cinq d’entre eux vont jouer un rôle déterminant.
Alexis de Tocqueville, magistrat réformiste et penseur influent, rapporteur de plusieurs commissions et projets de loi sur les prisons, se rend aux États-Unis pour y étudier le système pénitentiaire.
En 1833 il publie, avec Gustave de Beaumont, un opuscule intitulé Écrits sur le système pénitentiaire en France et à l'étranger, (ou du système pénitentiaire aux États Unis et de son application en France).
Ils préconisent, pour réformer les prisons françaises, deux systèmes d'incarcération : celui de la prison de Cherry Hill (Philadelphie) et celui d'Auburn.
La prison de Cherry Hill est basée sur l'isolement cellulaire individuel (principe de panoptique de Bentham décrit par Michel Foucault dans Surveiller et punir).
Celle d'Auburn, qui servira de modèle à Mettray, est fondée sur le silence, le travail en atelier collectif, l'enfermement la nuit.
Le 3 décembre 1832, une circulaire du comte d’Argout, ministre du Commerce et des Travaux publics rappelle aux préfets leurs obligations en matière de « placement en apprentissage des enfants jugés en vertu de l’article 66 du code pénal de 1810 ».
Cet article, qui n'est alors jamais appliqué, concerne les délinquants de moins de 16 ans acquittés et ayant agi sans discernement. Il établit une nette distinction entre la sanction pénale appliquée aux condamnés et la mesure éducative qui seule convient à ces enfants.
Charles Lucas, inspecteur général des prisons du Royaume (1833), est favorable à la séparation des enfants et des adultes incarcérés. Après avoir envisagé la création de quartiers distincts, il préconise la création d’institutions (colonies agricoles) destinées à « sauver le colon par la terre et la terre par le colon ».
C'est au vicomte Louis-Hermann de Bretignières de Courteilles et à Frédéric-Auguste Demetz que revient la tâche de concrétiser cette idée.
Le premier, riche propriétaire tourangeau, préside la commission qui étudie la réforme des prisons départementales.
Il met à la disposition du projet une propriété de sept cents hectares.
Demetz, avocat et conseiller à la Cour royale, effectue un voyage à l’étranger en compagnie de l'architecte Guillaume Abel Blouet (États-Unis, Angleterre, Belgique, Hollande, Allemagne) pour y recueillir des idées concernant la construction des locaux et le système éducatif de la future colonie.
En avril 1839, Demetz démissionne de la magistrature pour fonder (le 4 juin 1839), la première colonie agricole et pénitentiaire sise à Mettray, dans les environs de Tours. Cet établissement privé comporte, outre le réfectoire et les dortoirs, une chapelle, des ateliers, des étables, des fermes-écoles, de vastes champs cultivés et même une carrière de pierres. Il accueille les jeunes garçons acquittés par les tribunaux pour avoir agi sans discernement, ceux condamnés à des peines d'enfermement supérieures à six mois et n'excédant pas deux ans, les mineurs détenus par voie de correction paternelle, les enfants de l'Assistance publique placés par les services départementaux et, après la loi du 22 juillet 1912, les jeunes placés par les tribunaux.
La banque Goüin est chargée de la gestion des biens de la colonie de Mettray.
Entre 1839 et 1937, la famille Goüin est constamment représentée au conseil d'administration de « La Paternelle », dont dépend la Colonie, notamment par l'intermédiaire d'Eugène Goüin, qui la préside de 1881 à 1904.
Un bouton qui possède une très longue histoire.
La colonie agricole et pénitentiaire de Mettray est un établissement créé en 1839 pour réhabiliter les délinquants les plus jeunes, situé à Mettray, en Indre-et-Loire.
Fermé en 1939, cet établissement, en dépit de ses principes fondateurs idéalistes, à savoir éduquer et rééduquer les jeunes délinquants par le travail de la terre, est considéré comme l'ancêtre des bagnes pour enfants. La création, à la fin des années 1830, de la colonie agricole et pénitentiaire de Mettray, est liée au mouvement philanthropique et à ses réflexions sur le statut des enfants et l'univers carcéral.
À l’époque, la séparation entre détenus majeurs et détenus mineurs n’existe pas. Quelques humanistes décident d’aménager la vie des jeunes délinquants jusqu’ici emprisonnés avec les adultes. Cinq d’entre eux vont jouer un rôle déterminant.
Alexis de Tocqueville, magistrat réformiste et penseur influent, rapporteur de plusieurs commissions et projets de loi sur les prisons, se rend aux États-Unis pour y étudier le système pénitentiaire.
En 1833 il publie, avec Gustave de Beaumont, un opuscule intitulé Écrits sur le système pénitentiaire en France et à l'étranger, (ou du système pénitentiaire aux États Unis et de son application en France).
Ils préconisent, pour réformer les prisons françaises, deux systèmes d'incarcération : celui de la prison de Cherry Hill (Philadelphie) et celui d'Auburn.
La prison de Cherry Hill est basée sur l'isolement cellulaire individuel (principe de panoptique de Bentham décrit par Michel Foucault dans Surveiller et punir).
Celle d'Auburn, qui servira de modèle à Mettray, est fondée sur le silence, le travail en atelier collectif, l'enfermement la nuit.
Le 3 décembre 1832, une circulaire du comte d’Argout, ministre du Commerce et des Travaux publics rappelle aux préfets leurs obligations en matière de « placement en apprentissage des enfants jugés en vertu de l’article 66 du code pénal de 1810 ».
Cet article, qui n'est alors jamais appliqué, concerne les délinquants de moins de 16 ans acquittés et ayant agi sans discernement. Il établit une nette distinction entre la sanction pénale appliquée aux condamnés et la mesure éducative qui seule convient à ces enfants.
Charles Lucas, inspecteur général des prisons du Royaume (1833), est favorable à la séparation des enfants et des adultes incarcérés. Après avoir envisagé la création de quartiers distincts, il préconise la création d’institutions (colonies agricoles) destinées à « sauver le colon par la terre et la terre par le colon ».
C'est au vicomte Louis-Hermann de Bretignières de Courteilles et à Frédéric-Auguste Demetz que revient la tâche de concrétiser cette idée.
Le premier, riche propriétaire tourangeau, préside la commission qui étudie la réforme des prisons départementales.
Il met à la disposition du projet une propriété de sept cents hectares.
Demetz, avocat et conseiller à la Cour royale, effectue un voyage à l’étranger en compagnie de l'architecte Guillaume Abel Blouet (États-Unis, Angleterre, Belgique, Hollande, Allemagne) pour y recueillir des idées concernant la construction des locaux et le système éducatif de la future colonie.
En avril 1839, Demetz démissionne de la magistrature pour fonder (le 4 juin 1839), la première colonie agricole et pénitentiaire sise à Mettray, dans les environs de Tours. Cet établissement privé comporte, outre le réfectoire et les dortoirs, une chapelle, des ateliers, des étables, des fermes-écoles, de vastes champs cultivés et même une carrière de pierres. Il accueille les jeunes garçons acquittés par les tribunaux pour avoir agi sans discernement, ceux condamnés à des peines d'enfermement supérieures à six mois et n'excédant pas deux ans, les mineurs détenus par voie de correction paternelle, les enfants de l'Assistance publique placés par les services départementaux et, après la loi du 22 juillet 1912, les jeunes placés par les tribunaux.
La banque Goüin est chargée de la gestion des biens de la colonie de Mettray.
Entre 1839 et 1937, la famille Goüin est constamment représentée au conseil d'administration de « La Paternelle », dont dépend la Colonie, notamment par l'intermédiaire d'Eugène Goüin, qui la préside de 1881 à 1904.